Le gouvernement Raffarin a répondu, lundi 18 avril, à l'une des principales revendications des fédérations de fonctionnaires en annonçant l'ouverture à l'automne d'une "négociation salariale" pour l'année 2006. Le ministre de la fonction publique, Renaud Dutreil, a également promis de s'atteler à l'autre grande revendication syndicale, la "rénovation des grilles indiciaires" qui servent au calcul des salaires, un chantier qu'il a souhaité mener "entre mai et décembre 2005".
Pour autant, les syndicats ont exprimé une satisfaction mitigée à leur sortie du ministère, certains jugeant les discussions salariales "trop tardives". Ils ne renoncent pas à leur menace de faire du 16 mai - jour du lundi de Pentecôte désormais travaillé - une journée de grève nationale, à moins de deux semaines du référendum sur la Constitution européenne.
"La négociation salariale sur le point d'indice s'ouvrira au début de l'automne 2005 selon un calendrier compatible avec la préparation de la loi de finances pour 2006", a dit Renaud Dutreil, qui recevait les syndicats pour définir un "programme de travail" sur la modernisation de la fonction publique.
Cette négociation, a-t-il précisé, selon ses services, sera précédée "dès la fin juin" par un "premier échange de vues sur la situation des rémunérations" mais ne pourra s'engager pleinement qu'à la rentrée, lorsque les prévisions macro-économiques de la loi de finances pour 2006 seront "stabilisées".
Le ministre, selon les syndicats, a en outre renoncé à leur faire signer un "accord de méthode" sur un calendrier de consultations jusqu'à fin 2006.
Cinq des sept fédérations (CGT, FSU, FO, UNSA et CFTC), représentant une large majorité des agents des trois fonctions publiques, avaient écrit à Renaud Dutreil pour exiger un engagement sur l'ouverture de négociations sur les salaires en 2006 et sur le rattrapage du pouvoir d'achat sur 2000-2004. En cas de refus, elles menaçaient le gouvernement d'une nouvelle journée de "mobilisation".
"Renaud Dutreil a dû tenir compte des positions communes que nous affichions", s'est félicité Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, première fédération de l'Education nationale et donc de la Fonction publique d'Etat. "Mais il va falloir continuer à créer un rapport de forces", a-t-il prévenu.
L'UNSA-Fonctionnaires "insiste pour demander l'ouverture immédiate de négociations sérieuses et concrètes pour l'ensemble des agents et du service public", a renchéri sa secrétaire générale Elisabeth David. "Toutes les organisations syndicales ont maintenu le préalable de la question salariale, pour 2006 et le contentieux 2000-2004, avec l'exigence de négociations à ouvrir d'urgence", a dit Jean-Marc Canon, pour la CGT, en souhaitant une forte mobilisation "à la journée d'action du 16 mai".
Les fédérations de fonctionnaires, hormis la CGC, ont écrit vendredi au premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, pour lui demander de renoncer à la suppression d'un lundi de Pentecôte férié, en se disant "résolues à faire du 16 mai une journée d'action n'excluant pas la grève".
Avec Reuters