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Editos

S'exprimer en créole : un délit?

Il a interdit en direct de parler créole

Le Principal du collège Adrien Cerneau de Ste Marie a interdit à un de ses élèves de s’exprimer en créole aux journalistes d’une télévision locale dans le cadre d'un reportage du journal en créole,

Ci dessous :

-Article tres interéssant sur le creole "langue stigmatisée" paru sur le site www.guadeloupe-initiatives.com

Réactions locales suites à l'attitude du principal :

-Du journal Temoignages
-De la FCPE
-De la PEEP
-DES VERTS REUNION



S'exprimer en créole : un délit?
Le créole est aujourd'hui présent à la radio, à la télévision, à l'école (de nombreux collèges et lycées dispensent des cours de Langues et Cultures Régionales, option Créole), à l'université. Un Capes Créole a été créé.
Aujourd'hui, le créole est reconnu comme étant une langue à part entière. Il est reconnu comme étant l'un des principaux éléments de la culture guadeloupéenne.

Tel n'a pas toujours été le cas. Souvenez-vous. Il n'y a pas très longtemps, celui qui parlait le créole était considéré comme un "vyé nèg" c'est-à-dire un vagabond, un bon à rien, en somme un infréquentable.
Il y avait une réelle volonté des autorités d'éliminer le créole pour imposer le français. Cela s'est manifesté par un véritable lavage de cerveau tendant à faire croire que le créole ne mène nulle part, qu'on ne peut réussir qu'avec le français.

Le créole était interdit à l'église, à la radio, dans l'administration. L'un des principaux instruments utilisés pour cette politique a été l'école. Le travail était ainsi réalisé à la base. C'était un véritable traumatisme qui a porté ses fruits. Celui qui parlait créole à l'école était frappé, humilié, puni.
L'enfant arrivait à l'école avec en tête une seule obsession : ne pas parler créole, ce qui arrivait puisque le créole est chez lui un élément naturel.

Dany Bebel-Gisler, dans son ouvrage intitulé: La Langue Créole, force jugulée (Editions L'Harmattan, 1981) nous dit ceci :
"Il n'y a pas si longtemps, on imposait aux élèves le système de la "plan- chette", losange de bois où était inscrit : "il est interdit de parler créole".

On l'accrochait au cou de l'enfant qui avait enfreint le réglement". Le français était ainsi martelé comme étant la seule langue de la réussite, du progrès et des gens bien, des gens qui savent vivre.
Rien donc d'étonnant à entendre ces enfants, devenus adultes, dire :

"a t-on déjà vu un examen en créole ?
est-ce avec le créole qu'on trouvera du travail ?
ses enfants ont réussi et il veut que nos enfants parlent créole."

Le travail de déculturation a si bien réussi qu'on trouvait de nombreux gua deloupéens qui considéraient le créole comme un patois.
Pour eux, parler créole était vulgaire. Ainsi, parler créole à ses parents était considéré comme irrespectueux.

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Réactions à l'attitude du principal

Journal Temoignages

LE chef d’établissement est fier du journal scolaire, qui prône l’ouverture sur les activités de son collège, et favorise le lien entre cycle scolaire, de l’école primaire au lycée. “Katrépis” est un outil de qualité en effet, produit exclusivement par les élèves. On y lit un titre en créole, les élèves revendiquant « sé nou la fé ». On peut y découvrir un groupe de maloya, qui chante, je l’espère, en créole. “Katrépis” vante même la langue “régionale” castillane. Le film “Bienvenue chez les Ch’tis” de Dany Boon a bien évidemment conquis le cœur des collégiens, reflétant la richesse culturelle française. Bref, “Katrépis” n’oublie pas les langues et les cultures régionales, quand bien même il s’agit de langues et de cultures minorées.

Pourquoi le Principal du collège Adrien Cerneaux a-t-il interdit à un de ses élèves de s’exprimer en créole dans un reportage d’une télévision locale ? Quand on sait qu’il s’agissait d’un reportage du journal en créole, on pourrait se demander s’il ne s’agissait d’un message fort, d’un “anti-langue-créole-à-l’école” ? Est-ce encore un des fils spirituels du Vieux Tangue ? Est-ce par simple respect d’une consigne académique ? Cela nous étonnerait en fait, puisque la place du créole à l’école est en respect de la loi. Et nous ne sommes plus du temps où l’on brimait les élèves récalcitrants qui “causaient” mauvaise langue. La loi Deixonne, vous dis-je !

Pour quelles raisons ?

Pourquoi le Principal du collège s’est ouvertement prononcé contre le créole ? Est-ce par peur du qu’en dira-t-on ? Peut-être que l’explication est du fait de la présence de l’inspecteur d’Académie ? Ou est-ce tout simplement pour marquer sa ferme volonté d’éradiquer le créole, comme certains s’y sont résolus depuis belle lurette, sans y parvenir ? S’il s’agit du qu’en dira-t-on, sachez que bon nombre de penseurs, de médecins, de professeurs, de banquiers, de grands patrons réunionnais, mais aussi de chômeurs s’expriment en créole, sans pour autant souffrir de lacunes en langue française. Sachez aussi, puisque de nombreux scientifiques l’affirment, que parler créole ne nuit pas à l’apprentissage du français, ni de l’anglais, de l’espagnol, de l’italien, du chinois, et j’en passe.


Si cet interdit s’explique par la présence de l’inspecteur d’Académie, sachez qu’il est comme tout le monde. En poste à La Réunion, il doit être capable de s’insérer dans la société qui l’accueille, comme on le demande si facilement à un “étranger” malgache ou comorien. Et je n’ose imaginer que ce chef d’établissement se range derrière les promoteurs de l’éradication du créole. Ce serait dire qu’il a interdit de parler créole, sans arguments.

Pourquoi l’entretien devait-il se faire en français ? Seulement pour faire bon genre ? Par souci de ne pas dénigrer l’effort pédagogique ? Parler en créole n’est pas dénigrer la pédagogie. Un collège placé en Zone d’éducation prioritaire serait-il stigmatiser, parce qu’un de ses élèves s’exprime en créole ? Quelle différence établit-il entre le français et le créole ? Reconnaît-il le créole comme une langue après tout ?

La lang kréol sé in lespèss la pa loin mor

Voilà qui soulève encore la question du créole à l’école ! Pourquoi s’entêter à lutter contre un bilinguisme nécessaire ? Les Réunionnais ne peuvent pas se séparer de leur langue maternelle, comme ils ne doivent pas se désintéresser de la langue nationale. Les parents préfèrent l’odieux sacrifice. « Moin lé pa dakor mon zanfan i koz kréol dann lékol. Odrémié li koz bien fransé, li va rant gran. Moin mi panss le dirèktèr na rézon intèrdi kréol dann lékol, sirtou kan i koz èk in journalis. Demoun va kroir marmay lé mal édïké, i aprann mal lékol », déclare un parent d’élève. C’est nourri d’incohérences. Il aurait fallu donc dire, puisqu’il prône des déclarations en français aux médias : « Je ne suis pas d’accord que mon enfant parle créole à l’école. Il vaut mieux qu’il s’exprime aisément en français. Je pense que le directeur est dans son droit en interdisant le créole à l’école, surtout quand on s’adresse à un journaliste. Les gens croiront que l’enfant a une piètre éducation, qu’il n’est pas un bon élève ». Mais bon ! Un professeur de créole souligne le défi actuel, pour convaincre les parents de la place importante que tient l’enseignement du créole. « Les parents pensent que le créole nuit à l’apprentissage du français, parce que certaines personnes du monde éducatif véhiculent des idées en ce sens. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi un Principal de collège s’est aussi facilement donné en spectacle devant les téléspectateurs réunionnais. Il a interdit en direct de parler créole », poursuit-il.

Un père de famille fait appel à la logique. « Té po in journal an kréol, lé normal le marmay i koz an kréol. Mèm si lékol i rann aou intélijan, i fo nior la lang nout moman nout papa. Toultan banna i di anou i fo prézèrv nout lorijinalité, nout lespèss andémik. Dawar, la lang kréol sé in lespèss lé pa loin mor, moin mi di koz ali », déclare-t-il.

Où sont les associations protectrices de la Nature réunionnaise ?
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COMMUNIQUE FCPE

La FCPE (Fédération des Conseils des Parents d’Elèves) départementale est indigné de la manière dont est traitée la langue créole dans les établissements scolaires.

En effet, pendant la semaine de la presse, lors d’une interview, un élève s’est vu privé de sa langue maternelle. Dans un collège, un enseignant a été sanctionné du fait qu’il s’est exprimé en créole dans un conseil de classe.
Est-ce une honte de parler créole ou faut-il se cacher pour parler créole dans une enceinte scolaire ? Faut-il stigmatiser les personnes qui parlent le créole ?

Quelle considération a-t-on pour cette langue maternelle ?
Est un handicap de ne pas pouvoir correctement la langue de Molière ?
Quels reproches fera t’on demain aux parents et aux représentants de parents d’élèves qui ne maîtrisent pas le français ?
Va-t-on les exclure des conseils d’administration, des conseils d’école, des conseils de classes et des réunions dans les établissements scolaires ?
Va-t-on sanctionner les élèves qui s’expriment en créole dans l’enceinte scolaire?

Est-ce qu’en ayant ce genre d’attitude qu’on tendra à :
- rapprocher les parents de l’école, l’enseignant des parents, les parents de l’administration ;
- favoriser la communication et l’intégration de l’élève ;
- faire réussir la scolarité et l’accompagnement éducatif de l’élève ;
- ouvrir l’école aux parents ;
- lutter contre l’illettrisme et l’échec scolaire ;
- et traiter les différents maux dans les établissements scolaires (violence, insécurité, grossesse des mineurs…).

Je vous rappelle que la langue régionale créole ne figure pas dans le Bulletin Officiel de l’Education nationale (BOEN).Seuls le basque, le breton, le catalan, le corse, l’occitan, la langue d’Oc, la langue régionale d’Alsace et des pays Mosellans sont considérées. Aucun programme officiel n’est reconnu à ce jour pour la langue créole.
Avons-nous droit, une fois de plus à une autre spécificité locale ?

La chasse au parlé créole serait-elle ouverte dans les établissements scolaires de l’académie de la Réunion ?

Le Vice-président de la FCPE départementale,
Jean Odel OUMANA.
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COMMUNIQUE PEEP

A vous qui ne comprenez pas toujours !


Oui, nos enfants parlent créole, car c’est notre langue, la langue de nos mères et de nos pères, de nos grands-mères et de nos grands-pères et de ceux d’avant qui nous ont permis d’être les Réunionnais que nous sommes.
Oui, nos enfants parlent aussi français car nous connaissons, nous, parents, l’importance tout aussi capitale que revêt cette langue, qui permet à nos enfants de s’ouvrir au monde par delà nos terres, par delà la mer.
Et nous savons aussi qu’ils devront maîtriser d’autres langues pour s’intégrer encore mieux à l’espace européen et mondial dont ils sont les citoyens.
Oui nous Réunionnais, sommes multiples et métisses et fiers de ces identités qui ont forgé au fil du temps l’Homme réunionnais.
Le bilinguisme est une chance pas un handicap ! ! !
Et parce que le créole est notre langue maternelle celle qui a bercé notre enfance et qui est notre quotidien, nous attendons de tous la compréhension qui se doit en respect de cette langue qui constitue la première richesse de notre culture réunionnaise.

Pour la PEEP Saint-Paul
Agnès Kohler,
Présidente et le comité PEEP
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Communique des verts Réunion

Respect pour la langue créole

Les Verts-Réunion réprouvent le positionnement contre l’usage de la langue créole à l’école et finalement passéiste d’un personnel de Direction de l’Académie de La Réunion qui a interdit à des collégiens de s’exprimer en créole, dans la cour de l’établissement, devant une caméra de télévision.
Les Verts-Réunion ne veulent pas faire une attaque personnelle.
Ce comportement est symptomatique et reflète malheureusement un vieux réflexe ancré à La Réunion qui considère le créole comme une sous-langue qui nuit à la réussite des élèves.
Nous rappelons que le Réunionnais a besoin de se sentir respecter dans ses racines et ses origines pour pouvoir construire son identité et se sentir français dans sa différence culturelle.
Les Verts-Réunion ne souhaitent pas se lancer dans une guerre contre l’Education nationale, qui a fait beaucoup d’efforts ces dernières années dans la valorisation de la langue et de la culture réunionnaises.
Les Verts-Réunion profitent de cet incident pour rappeler que le créole fait partie de notre patrimoine culturel. Vouloir bâillonner le créole, c’est nuire à l’épanouissement des Réunionnais.

Pour les Verts-Réunion
Les porte-paroles régionaux
Véronique Denes et Vincent Defaud

Jeudi 17 Avril 2008
Patrick CORRE
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