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Simplification du livret personnel de compétences : la fin du prof "poinçonneur des Lilas"





Le Monde.fr Mis à jour le 11.10.2012 à 11h05



Le livret personnel de compétences ? La plupart des parents d'élèves, que l'on dit pourtant obsédés par les notes, n'en ont jamais entendu parler. Le dernier-né des outils d'évaluation, introduit à l'école primaire il y a quatre ans, au collège il y a trois ans, fait partie des sujets débattus dans le cadre de la concertation sur la refondation de l'école qui vient de s'achever. Un sujet sensible : le "LPC", symbole du "socle commun" instauré par la loi d'orientation sur l'école de 2005, suppose une nouvelle façon d'évaluer – par compétences – et donc d'enseigner, qui cristallise les tensions sur le terrain.

Pour les désamorcer, le ministère de l'éducation nationale vient d'annoncer la "simplification" du livret. Moins de cases à cocher pour les enseignants ; une attestation sur une seule page – contre 25 précédemment – pour les parents. Cet "allègement", valable pour l'année 2012-2013, doit "faciliter le travail des enseignants et des chefs d'établissement, tout en ménageant les voies de l'évolution à venir", peut-on lire dans la Note de service publiée au Bulletin officiel du 27 septembre. Cela suffira-t-il à réconcilier les professeurs, déjà fort occupés à remplir livrets scolaires et bulletins trimestriels, avec cet objet encombrant ?

"USINE À GAZ CHRONOPHAGE"

"C'est un mastodonte, une brochure repoussante", témoigne Benjamin, professeur d'histoire dans un collège de la Seine-Saint-Denis. "Cela suppose qu'on soit tous équipés en classe d'un ordinateur et d'Internet, qu'on travaille de façon transversale et en équipe à chaque cours ou presque... C'est infaisable pour les profs, et incompréhensible pour les familles." Mickaël, qui enseigne dans les Hauts-de-Seine, confie avoir tout simplement renoncé à l'utiliser. "Et je ne suis pas le seul dans mon collège, dit-il. C'est un travail fou de compilation de données qui décourage même les plus favorables à une approche par compétences. Une usine à gaz chronophage... Chez nous, c'est le chef d'établissement qui coche les cases en fin d'année !" Dans le collège parisien où Maya enseigne, l'équipe pédagogique a opté pour une autre forme de "résistance" : "Nous validons toutes les compétences, indistinctement, pour tous les élèves", explique la jeune femme.

L'impression d'un déploiement très inégale du LPC au collège vient d'être confirmée par les inspections générales. Dans un rapport rendu public le 18 septembre, celles-ci pointent "le caractère regrettablement disparate de la mise en œuvre (du livret) selon les académies et les établissements", et insistent sur "le grand inconfort de travail pour les professeurs". En primaire, le LPC semble à peine mieux accueilli. "On le remplit comme on peut, en faisant de notre mieux", assure la directrice d'une école élémentaire dans l'Yonne. "Un fonctionnaire doit 'fonctionner', comme on dit... Mais on est nombreux, ici, à douter de son utilité, et à regretter la surcharge de travail qu'il occasionne."

Censé attester de l'acquisition des sept grandes compétences du "socle commun", le LPC accompagne officiellement l'élève tout au long de la scolarité obligatoire – de 6 à 16 ans –, mais est validé à trois moments-clés : en fin de CE1, en fin de CM2 et en fin de 3e. A chaque "palier", entre 50 et 100 "items" devaient jusqu'à présent être validés. Certains plus faciles à saisir que d'autres. "On a dû s'y mettre à plusieurs pour décoder les formulations alambiquées, témoigne la directrice de l'école de Cheny, alors, honnêtement, je doute que dans une ZEP comme la nôtre, les parents d'élèves en retirent quoique ce soit."

Des enseignants transformés en "poinçonneurs des Lilas" : la comparaison a été osée par l'ex-député Jacques Grosperrin (UMP) dans un rapport remis en 2010. Pour leur faire gagner du temps, le ministère de l'éducation a revu à la baisse la procédure d'évaluation : dans le cas d'élèves ne rencontrant pas de "difficultés particulières", l'attribution du socle reposera "uniquement" sur la validation des sept grandes compétences. Pour les autres, les professeurs ne renseigneront "que" les "domaines" – 26 en fin de collège –, en lieu et place des 97 "items" qu'ils devaient auparavant remplir. L'évaluation reste binaire : "acquis" ou "non acquis". "C'est un gag", ironise Sylvain Grandserre, un enseignant Freinet connu pour ses prises de position contre les évaluations nationales. "Prenez l'item 'S'exprime à l'oral comme à l'écrit dans un vocabulaire approprié et précis'. Je n'ai pas d'élève pour qui cette compétence est définitivement acquise ; pas d'élève non plus, et c'est tant mieux, pour qui c'est définitivement 'non acquis'. L'évaluation n'a de sens qui si elle est nuancée ! Même simplifié, ce livret est totalement déconnecté de la réalité de la classe ".

"PREMIÈRE ÉTAPE"

L'évaluation par compétences, qui ne s'est pas substituée à l'évaluation - chiffrée - des savoirs disciplinaires, constitue un véritable casse-tête pour les enseignants. Beaucoup n'y sont pas hostiles, à condition d'être formés et accompagnés. A condition, aussi, de ne pas rester "au milieu du gué". Ils sont nombreux à exprimer leur désarroi au moment du passage du brevet, en fin de 3e, lorsqu'ils doivent officiellement "concilier" les différentes approches : notation et évaluation binaire, compétences et connaissances, épreuves finales et contrôle continu... Une cohabitation dénoncée comme absurde, mais à laquelle le ministère de l'éducation nationale n'a pas - encore - mis un terme : les conditions de validation du socle commun dans le cadre du diplôme national du brevet ne sont pas modifiées pour la session 2013.

"Cette simplification, c'est une première étape, justifie-t-on au ministère, avant la future loi d'orientation qui doit comporter une redéfinition du socle commun et des programmes ". Pas question d'abroger le livret, comme le réclament les syndicats de la FSU, ce qui fragiliserait le socle commun. En attendant sa réforme, les enseignants devront se contenter d'une version " allégée " qui, à grand renfort d'"items" et de "paliers", ferait presque oublier que 15 à 20 % des élèves quittent l'école primaire en grande difficulté.

Dimanche 21 Octobre 2012
Patrick CORRE
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